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« Le combat des populations clés est aussi un combat pour le développement de notre continent »

Dr Cheikh Traore est médecin de nationalité, Mauritanienne et Nigériane basé a Lagos au Nigeria. Il a une carrière internationale de quinze ans en santé publique dans diverses agences de développement en Europe, en Afrique et aux Nations Unies. Depuis trois ans, il travaille comme consultant international soutenant les efforts de mise en place de programmes de lutte contre e VIH au sein des populations clés. Dr Cheick Traore revient sur l’importance du leadership communautaire qu’il a exposé lors de la 3e réunion régionale des populations clés qui s’est tenue à Yaoundé-Cameroun du 20-22 Septembre 2016.

 

D’entrée de jeu, dites-nous qu’est-ce qu’on entend par leadership communautaire ? 
Le leadership communautaire est un concept qui reconnait que les communautés peuvent identifier leurs propres besoins et sont capables d’identifier les mesures qui contribueront à améliorer leur bien-être. La mise en œuvre des solutions aux problèmes de la communauté doit donc passer par des processus de mobilisation et d’implication de la communauté pour qu’elle cesse d’être simple spectatrice du processus de développement. Les communautés doivent donc être accompagnées pour qu’elles deviennent progressivement des acteurs de la mise en œuvre des activités de développement.

En Afrique de l’Ouest et Centrale, pensez-vous que ces communautés jouent leurs rôles dans la lutte contre les IST et le VIH/SIDA au sein des populations clés ? 
L’Afrique de l’Ouest et du Centre a connu plusieurs exemples de leadership venant des populations clés. J’ai personnellement eu à côtoyer des grands leaders du Burundi, Nigeria ou du Cameroun. Plusieurs nous ont malheureusement quittés mais ils seraient bien surpris de savoir que les financements commencent à être disponibles pour la prévention du VIH auprès des hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HSH) de leurs pays. Il est important que l’on se rappelle des leaders qui ont mené des actions de lutte contre le VIH au sein des communautés homo et bisexuelles et cela bien avant que nos plans stratégiques ne reconnaissent leur existence. En ce moment nous vivons un paradoxe, les plans stratégiques de nos gouvernements finalement reconnaissent le besoin de porter la riposte au niveau des citoyens les plus à risque. Mais ces mêmes gouvernements ne font rien pour permettre aux réseaux de populations clés de s’établir légalement. Les populations clés sont considérées comme des hors la loi. De nos jours, seuls quelques pays lusophones de la région (Cap vert et Sao Tome &Principe) ont supprimé les lois criminalisant l’homosexualité.

Comment promouvoir les activités des leaders communautaires dans la région Afrique de l’Ouest et Centrale ? 
Les leaders communautaires des populations clés opèrent déjà de nombreux types d’activités dans la région. Il faut valoriser le travail des courageux pairs éducateurs qui risquent beaucoup pour mettre en œuvre les activités de prévention de proximité. Il faut lever les nombreux blocages qui subsistent pour la distribution efficace de lubrifiants, sans lesquels l’usage correcte de préservatifs est quasi impossible. Les autorités publiques ont un grand rôle à jouer pour améliorer l’environnement hostile envers les populations clés. Nous avons surtout besoin de débats ouverts et sans tabous qui reconnaissent la diversité de la sexualité de l’homme et de la femme Africaine. Je suis convaincu que les débats sains peuvent contribuer au développement social et à l’épanouissement de notre jeunesse. Un peuple informé est un peuple qui peut faire librement des choix éclairés sur les comportements sexuels et la santé.

Quels sont les gaps à combler afin qu’on puisse avoir des communautés d’avantage engagées à rassembler les populations clés et de les accompagner dans leurs activités ?

Il faut accompagner les réseaux de professionnels de sexe (PS) et HSH qui désirent se mettre en place. Il faut être sensible aux plaintes des populations clés concernant la violence et les risques de violence auxquels ils font face. Malgré les progrès que nous voyons dans la prise en compte des violences basées sur le genre, les PS, HSH et LGBT sont exclus de ces politiques malgré leur forte vulnérabilité.

Un message de fin à l’endroit des community leaders ?
Le moment actuel est important à saisir. L’atteinte des objectifs 90-90-90 ne se fera pas sans une plus grande mobilisation des populations clés. Nous devons évoluer vers une fin des chasses gardées et vers un leadership partagé. Nous devons nous soutenir les uns et les autres ne serait-ce que sur le plan psychologique et moral. Le combat des populations clés est aussi un combat pour le développement de notre continent. Personne ne peut nous dire le contraire.

 

Par Elise Kenimbeni

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